Spectacle
UN BANC POUR DEUX – Festival Off Avignon, juillet 2026
UN BANC POUR DEUX – Théâtre de Nesle à Paris, janvier et février 2026
Béatrice Fabiani et Marine Loeffler : les interprètes de cette comédie de boulevard
Deux comédiennes se font face sur le banc, Marine Loeffler interprète Caroline, l’amante, impulsive et fébrile, qui dissimule sa vulnérabilité derrière un dynamisme de façade. Sa présence scénique et sa faculté à faire passer l’émotion sans un mot donnent une intensité particulière à son personnage.
Béatrice Fabiani joue quant à elle le rôle de Sophie, l’épouse, droite, piquante, drôle même quand ça fait mal, avec cette élégance de celles qui tiennent bon. Après quinze ans de théâtre à Paris et en province, elle sait incarner ces femmes pleines d’énergie et de panache qui captivent le public. Derrière cette alchimie se trouve Cathy Guillemin, metteuse en scène qui signe ici sa vingtième production après avoir notamment dirigé « Un air de famille » et « Un grand cri d’amour ». Leur duo fonctionne si bien qu’on en oublie la mise en scène pour se croire témoin d’un échange bien réel.
Une histoire universelle qui séduit un large public
Un banc pour deux parlera notamment aux amateurs de comédies de boulevard qui aiment rire tout en réfléchissant. Vous adorez les textes ciselés où chaque réplique compte ? Nul doute que vous serez servi ! Les couples y trouveront matière à discussion après le spectacle, tiraillés entre ce qui les fait rire et ce qui les renvoie à leur propre histoire. Plus largement, cette pièce imaginée par Jérôme de Verdière plaît particulièrement au public féminin, qui se reconnaît dans ces deux portraits sans concession ni apitoiement.
Ceux qui sont en quête d’un théâtre intimiste apprécieront cette proximité avec les comédiennes au sein du Théâtre de Nesle. Ils ont l’impression d’assister à une conversation privée, presque indiscrète. Les amateurs de jeu d’acteur subtil ne peuvent rester insensibles à Marine Loeffler et Béatrice Fabiani excellent dans l’art de la nuance et de la justesse. Pour les novices du théâtre, c’est une entrée en matière idéale : une heure vingt de spectacle, un sujet universel et ce juste équilibre entre rire et émotion.
Une comédie de boulevard qui joue sur les codes du genre avec intelligence. L’animateur Jérome de Verdière de La Revue de Presse sur Paris Première et auteur pour Laurent Gerra sur RTL est passé maître dans l’art du mot qui fait mouche et du timing comique. Dans Un banc pour deux, il se moque avec légèreté des femmes et de l’éternelle lâcheté masculine, recelant parfois de véritables trésors comiques. Il n’y a pas dans son écriture de caricatures faciles pour creuser ce qui se cache derrière les apparences, cette zone floue où l’on rit jaune en reconnaissant des vérités qui dérangent.
